Molière est l’un des plus grands auteurs français,
sinon le plus grand, et Le Tartuffe est sans doute son chef d’oeuvre. Il y dénonce la cagoterie, la fausse dévotion et ce que Nietzsche appellera la moraline, le discours moralisateur de la bien-pensance, qui fait aujourd’hui autorité. D’où la modernité de cette pièce.
Suprême consécration : le mot est devenu une insulte et un caractère
qui se sont vite imposés dans le langage courant. Sans doute inspiré d’un personnage de la comédia dell’arte, Lo Ipocrito, le tartuffe ou tartufe -les deux orthographes sont possibles- est entré dans le langage de tous les jours. Nous en rencontrons beaucoup dans la classe politique ou médiatique, mais aussi dans le travail ou dans nos familles : ils ne disent pas ce qu’ils et ne font pas ce qu’ils disent.
Nous sommes tous cernés par les tartuffes
et la pièce nous en fait prendre conscience. Elle nous permet de les repérer plus facilement en pointant leurs tics, leurs courbettes et leur fausseté mielleuse. Dire ce que l’on pense est souvent un grand tort, surtout face à cette engeance qui manipule les autres et se donne tous les droits.
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