À ceux qui doutent de plus en plus de l’avenir de France
et se demandent avec angoisse comme elle en est arrivée là, voilà un livre d’un actualité incroyable. Tout y est dit sur ses failles et ses faillites par un témoin oculaire de la débâcle de 1940. Mêmes causes, mêmes effets ?
C’est un grand classique que j’ai souvent relu au cours de ma vie.
Jamais du début à la fin, à cause des longueurs. Je vais directement aux chapitres les plus forts, ceux qui ont été écrit par un grand prophète de la France éternelle : notamment Examen de conscience d’un Français, chef d’oeuvre d’intelligence.
On ne peut pas lire L’étrange défaite sans éprouver, par moments, de grandes bouffées d’émotion.
Certes, ce livre qui se présente comme « un procès-verbal de l’année 1940 », est fait de bric et de broc. Mais, tout en représentant comme une analyse, il est avant tout le testament politique d’un homme qui pense qu’il va mourir comme il a vécu, en « bon Français ».
Issu d’une famille juive, Marc Bloch (1886-1944) est ce qu’on appelle un patriote prêt à mourir pour la France
dont il célèbre volontiers « le sol béni de moissons ». « Je n’ai jamais éprouvé, écrit-il, que ma qualité de Juif mit à ces sentiments le moindre obstacle ». Pendant la première guerre mondiale, il a grimpé les échelons jusqu’au grade capitaine, tout en décrochant la croix de guerre et la Légion d’honneur.
Quand éclate la deuxième guerre mondiale,
en 1939, Marc Bloch décide, à 53 ans, de rempiler, alors que rien ne l’y oblige, devenant ainsi, comme il dit, « le plus vieux capitaine de l’armée française ».
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